Depuis un mois, Nicolas Sarkozy et les piliers du sarkozysme, Brice Hortefeux, Christian Estrosi et Eric Ciotti en tête, entonnent un air nauséabond pour la sécurité. Personne n’est dupe de ce racolage d’été actif qui vise, à la faveur des congés annuels, à draguer l’électorat du Front national. Alors que Marine Le Pen s’installe durablement dans le paysage comme la successeure de son père, il pouvait être tentant pour des politiciens assoiffés de pouvoir de tenter de siphonner en règle sa base électorale.
Tous les clichés éculés de la droite maurrassienne, lepéniste et même vichyste y sont passés : la discrimination des français d’origine étrangère, le retrait de la nationalité française, la chasse aux gens du voyage, la séparation en rang des hommes d’un côté et des femmes et enfants de l’autre, procès politique des maires socialistes… Et toujours la même impunité totale pour les évadés fiscaux qui commettent, eux, chaque année, le même délit qui contraint notre dette à croître sans fin.
Dans ce concert de voix sonnant le retour à une forme d’Etat barbare, toute forme d’opposition est renvoyée à une forme de laxisme ou d’angélisme par les caciques de l’UMP peu soupçonnables de finesse intellectuelle. Si prompts à qualifier la presse de fasciste lorsqu’elle met en cause Eric Woerth (c’est aussi une des composantes des régimes autoritaires ou fascistes que de renvoyer ses propres turpitudes à ses adversaires), les sarkozystes font ressurgir tous les vieux démons de la France. Il y a fort à parier que cet ultime assaut dans les huit années de la guerre de Nicolas Sarkozy se terminera non pas en Grenelle de la Sécurité, mais en Waterloo de l’UMP. Car, tous ces effets de manche, l’accusation publique de coupables désignés par le sommet de l’Etat, ces mesures qui ne peuvent qu’installer un climat de conflit, voire de guerre civile ne conduiront pas à apaiser la société française. Bien au contraire. Car ce que cherche l’UMP, c’est la crise. La crise salutaire qui embraserait les banlieues et permettrait d’instaurer un ordre martial en recourant à l’article 16 de la Constitution…
De tous ces épisodes, nos institutions sortiront abîmées. La justice est dépourvue devant ces lois qui se succèdent, se durcissent et se contredisent. Les juges, dans le langage sarkoziste, sont trop souvent laissés à la vindicte populaire. Laxistes, irresponsables, légers… à chaque fait divers, surtout, s’il s’agit de récidive les anathèmes fusent. Et le Président, garant ultime de l’ordre et de la Constitution, n’a jamais été le dernier à brocarder la justice.
La police et la gendarmerie se retrouvent prisonnières d’un système où elles sont le bras armé d’une politique qui est contraire à la Constitution. Nous n’en sommes pas encore au devoir de désobéissance, mais nous ne sommes plus dans le champ républicain. Le rôle des forces de police et de gendarmerie est d’assurer l’ordre public, pas de discriminer au faciès, pas de séparer les hommes des femmes et des enfants, pas de garder des camps de rétention, pas d’arrêter ceux qui assument la plus essentielle et première des solidarités – donner à boire et à manger…
La réalité de cette politique outrancière, c’est que les agents de l’Etat qui sont sur le terrain, qui seront les premiers acteurs de la reconstruction d’un lien entre la population et les institutions chargées de l’ordre sont en première ligne dans cette montée de la tension calculée à seule fin de gagner la présidentielle de 2012. Ceux qui à l’UMP s’empressent de gloser sur la neutralité de la presse ou d’internet devraient revendiquer avec la même force la neutralité de la police et de la gendarmerie. Les forces de sécurité ne sont pas là pour faire de l’idéologie, mais pour préserver la République. Elles ne sont pas au service d’un clan ou d’une faction, elles sont au service de la population et de la République. Le silence des syndicats de police est révélateur soit de la corruption installée dans toute l’administration par le sarkozysme soit de la peur qui règne.Il importe désormais dans le combat que mènent les socialistes contre Nicolas Sarkozy et ses affidés de faire une place particulière à la restauration de l’autorité républicaine. Comment restaurer l’autorité républicaine, lorsque ceux qui sont chargés d’appliquer la loi débordent un peu plus chaque jour dans le côté obscur de la force, appliquent des décrets et circulaires clairement contraires à nos principes fondamentaux?Il est temps que s’efface la jouissance du pouvoir ou d’un pouvoir au profit du retour de l’ordre républicain, de la conscience, du respect de la Constitution et de la loi en premier lieu par ceux qui sont détenteurs d’une autorité élue ou conférée par statut. En République, on ne s’arrange pas avec la Loi, et on n’arrange pas le droit pour faire SA loi.

Tags: autorité, démocratie, Estrosi, fascisme, gendatrmerie, HORTEFEUX, justice, Nicolas SARKOZY, police, politique, république, UMP
« Nicolas Sarkozy a-t-il pris sa carte au Front national? Accueil Monsieur Sarkozy, je ne suis plus fier d’être français! »




Les tweets qui mentionnent Nicolas Sarkozy a brisé l’autorité de l’Etat | Jardin politique – Issy Les Moulineaux – Parti Socialiste -- Topsy.com le 16 août 2010 23:22
[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Thomas Puijalon, Thomas Puijalon. Thomas Puijalon a dit: http://www.jardinpolitique.fr/index.php/2010/08/16/nicolas-sarkozy-a-brise-lautorite-de-letat/ [...]
Thomas Rodriguez le 17 août 2010 13:54
Deux mots: ENFIN, BRAVO.
David CABAS le 27 août 2010 3:41
SarkoGate : Raccompagnons Nicolas Sarkozy à la frontière … de l’Elysée : http://www.facebook.com/group.php?gid=142284815808171
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