La démocratie est fragile. Elle n’est pas qu’une idée, un principe gravé dans le marbre d’une constitution. Elle est une donnée vivante qui s’essouffle si on n’en use pas.
Les sondages pour les élections régionales des 14 et 21 mars annoncent une abstention record entre 40 et 50% du corps électoral. Ceci n’est pas admissible dans une démocratie comme la nôtre.
Certes, il y a le dégoût que provoquent les promesses non tenues par Nicolas Sarkozy. Certes, il y a la crise. Certes, il y a la fragilité relative de la gauche et les divisions en cours de cicatrisation au Parti socialiste.

Mais qui peut dire honnêtement, avec  sept à douze listes en présence dans chaque Région que l’offre politique est insuffisante? Qui peut continuer à proclamer en toute honnêteté que ses idées ne sont pas représentées sur l’échiquier politique français? Personne. Il est trop facile de se plaindre à longueur d’année du manque d’efficacité du personnel politique, des promesses non tenues, alors que l’on n’a pas exprimé son choix. Il est de même trop facile, pour ne prendre que l’exemple francilien, de se plaindre des retards des RER ou de l’engorgement de la Ligne 13, lorsque l’on refuse de voir les progrès accomplis depuis la décentralisation du STIF en 2006 après trente ans de renoncement et d’abandon des transports collectifs par l’Etat. La gauche et la droite ne sont pas identiques. C’est la gauche qui a remis au goût du jour les Tramways tant plébiscités par tous les urbains. C’est les socialistes qui ont, en Ile-de-France, inversé le rapport de financement mis en place par la droite entre routes  (60%) et transports en commun (40%) en consacrant désormais 60% du budget aux transports en commun. Ce n’est pas le fruit du hasard. C’est le fruit d’un choix politique raisonné des électeurs. Ces options modifient profondément notre vie quotidienne pour des décennies.

Il est de même trop facile de se réfugier dans cet individualisme prétendument non représenté propre aux démocraties abouties. Mais combien d’hommes et de femmes mettent aujourd’hui leur vie et celle de leur proche en péril pour gagner ce simple droit de glisser un bulletin dans une urne? Combien? Combien d’hommes et de femmes n’ont pas d’autre choix que celui de désigner le candidat du pouvoir, parce que l’élection dans leur pays n’est qu’une validation plébiscitaire du choix du parti unique?
Ce côté fine bouche et fataliste n’est plus de mise à l’heure de la globalisation des échanges de savoirs et d’opinions. C’est ne pas faire honneur à ce qui fait notre pays. C’est insulter ceux qui de leur geôle, résidence surveillée ou de leur combat quotidien nous regardent et nous envient!

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A votre tour de jardiner...

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