C’est devenu un sport. Chaque socialiste qui quitte le parti, ses fonctions ou qui se retrouve déçu a besoin de faire du tapage. Il faut que ça fasse du bruit. Comme si la situation individuelle de tel ou tel valait pour l’ensemble du Parti.
Il est plus facile de céder aux sirènes de la nouvelle vague écolo-bobo que de remettre les mains dans le cambouis pour faire avancer la machine et ronronner le moteur de la victoire.
Car les chantres de cette nouvelle mode écologisante portée par l’assemblage hétéroclyte d’Europe Ecologie ont perdu leur boussole. Leur boussole socialiste. Les nouveaux convertis au dogme vert ne voient pas que cette nouvelle révolution économique et environnementale est porteuse de la même fracture sociale que les précédentes : internet, l’électricité, le pétrole, le charbon… Chacune de ses révolutions a eu ses gagnants, mais surtout ses perdants.
La révolution verte sera à l’identique des autres. Et c’est là que le combat socialiste aura toute sa place. Les inégalités se renforcent, parce que les économies d’énergie sont d’abord l’apanage des propriétaires ayant une capacité d’investissement. Prenons un exemple simple : les panneaux solaires. L’Etat, les collectivités se sont empressés d’aider les particuliers pour verdir leur mode de consommation. C’est de l’environnement, mais pas du développement durable. Pourquoi? parce que ces mesures créent une quintuple inégalité :
1 – il faut être propriétaire pour pouvoir bénéficier des aides de l’Etat et des collectivités,
2 – il faut ensuite avoir une capacité d’investissement pour se payer ces installations,
3 – ces mêmes installations vont générer des économies sur la facture énergétique; ces mêmes énergies non renouvelables continuent de voir leur prix grimper, en témoignent les récentes décisions de GDF et du gouvernement qui sanctuarisent les hausses du prix du gaz mais interdisent de facto toute baisse du prix
4 – ces mêmes particuliers sont aider par l’argent public pour investir,
5 – les producteurs particuliers peuvent revendre tout ou partie de leur production à EDF au prix de 45c€ du kWh et la racheter 10c€ du kWh… soit un gain de 35c€ net d’impôt!
Les pauvres, les locataires continueront à casquer !
C’est là que le socialisme a toute sa place. Face aux apôtres de la décroissance ou aux béats du marché qui pensent que celui-ci finira par irriguer toute la société, il y a aujourd’hui une place énorme pour réintroduire le troisième pied du développement durable impensé : le social. C’est notre mission. Nous avons à combattre de pied ferme toutes les inégalités nouvelles que la droite crée chaque jour en nous faisant croire que l’UMP et les Verts c’est pareil.
Notre différence est essentielle. C’est là que se joue le coeur de notre projet de société pour les 30 prochaines années.
Alors, que ceux qui pensent que l’herbe est plus verte ailleurs partent brouter ces prés. Je reste convaincu que nous avons nos plus belles pages à écrire, nos plus beaux combats à mener et nos plus belles victoires à offrir.

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