Cet automne, Nicolas Sarkozy s’apprête à opérer un coup de force à l’égard de la démocratie locale qui dépossèdera de facto les Français de leurs services publics locaux.
Les réformes annoncées – fin de la Taxe professionnelle, conseiller territorial, Grand Paris – feront une autre victime : les territoires ruraux. Nicolas Sarkozy, qui n’a connu dans sa carrière d’élu que le confort douillet des Hauts-de-Seine et n’a aperçu de la ruralité que les promenades champêtres du Bois de Boulogne et les déjeuners du Pré Catelan, méprise et ignore superbement cette France rurale. Urbain parmi les urbains, il a part du principe que la compétitivité et la richesse se créent en ville.
L’instauration des métropoles, le conseiller territorial, la suppression et la non compensation de la TP, l’instauration d’un seuil de cofinancement dès lors que la commune apporte 50% du financement d’un projet, toutes ces réformes cumulées vont plonger les communes rurales, les petites et les moyennes villes dans l’impossibilité de porter des projets d’investissements. Cette France rurale est condamnée à l’aumône auprès de l’Etat, à augmenter ses impôts locaux ou à mourir… Idem pour l’Ile-de-France où le Grand Paris va absorber tous les subsides et les zones périphériques des Départements de la grande couronne attendront…
Premières victimes de la suppression de la TP : les énergies renouvelables. Alors que l’attrait pour un maire d’une petite commune pour des éoliennes qui « défigurent le paysage » était évident du fait des ressources en TP que procure leur implantation, la suppression de la TP conduira les mêmes maires à ne pas affronter leur population pour implanter des installations qui ne leur apporteront que des désagréments. Le Grenelle de l’Environnement est mort né et toutes les bonnes intentions écologiques clamées à la face du monde par Nicolas Saarkozy resteront des intentions!
Nous saisissons parfaitement le dessein caché de Nicolas Sarkozy : étouffer les Régions de gauche pour supprimer ensuite le Département (ce dont Copé ne se défend!), mettre à genoux financièrement les régions et leur supprimer tout lien de contribuable avec les Français. En somme, une recentralisation rampante qui concentre tous les pouvoirs au niveau de l’Etat, sacrifie la démocratie locale et fait des élus locaux des potiches cantonnés aux cérémonies de voeux, au secours populaire des plus démunis…
Le projet de Nicolas Sarkozy n’a rien de moderne, n’a rien d’ambitieux. Il est une insulte pour les élus locaux qui paient chaque jour de leur personne pour faire vivre nos territoires, il est une insulte aux citoyens qui les élisent. Il est un retour avant 1965 et sacrifie des pans entiers du territoire national sur un pari stupide.
Au contraire de Nicolas Sarkozy, nous devons miser sur le développement harmonieux de notre pays. Les zones urbaines ne s’en sortiront pas sans les zones rurales. L’interdépendance est plus étroite que ne le laissent penser les experts de Neuilly. Alors que le dérèglement climatique impose de repenser la carte administrative en fonction des flux économiques, des infrastructures de transports, alors que la crise alimentaire qui se profile du fait de l’augmentation continue de la population mondiale et de la baisse des rendements agricoles du fait des aléas climatiques, nous aurions tout à miser sur le renouvellement de nos territoires ruraux, sur le développement d’un autre modèle agricole, sur l’autosuffisance alimentaire et des ressources de proximité.
Ce pari, Nicolas Sarkozy ne le prendra pas. Il ne le prendra pas, parce que soumis à ses passions et à sa volonté de puissance, il s’aveugle sur les réalités de notre territoire.
Nous sommes prêts à soutenir le débat !

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