phareCette rentrée ressemble à beaucoup d’autres pour le Parti socialiste : les universités d’été qui se voulaient le moment phare privilégiant le fonds et un nouveau dialogue avec les Français sont en partie éclipsées par les rentrées et sorties précoces des courants et des individualités… Une fois de plus, nous sentons monter cette cacophonie du premier parti d’opposition, alors même que Nicolas Sarkozy conteste un peu plus chaque jour l’existence même d’une opposition et son utilité.
Le débat sur les primaires est dans toutes les bouches et sur toutes les ondes. Une sorte de coup de force que l’on tente à l’égard de la première secrétaire pour mieux imposer ce qui devient une évidence pour tous – même si la finalité et les modalités restent encore floues et parfois contradictoires. Les « primaires » deviennent le nouveau veau d’or de la rénovation.
Comme si leur instauration nous dispensait de réfléchir aux causes profondes de la désaffection des européens pour la social-démocratie, alors même que la crise devrait orienter les électeurs vers des solutions politiques et sociales qui protègent et non fragilisent. Comme si leur instauration nous dispensait de réfléchir à notre organisation et aux moments contradictoires que constituent les motions à la proportionnelles et l’élection uninominale du (de la) premier(e) secrétaire. Comme si leur instauration nous dispensait de définir comment moderniser notre parti pour rendre la diffusion des informations plus fluide, pour donner la parole aux militants pas seulement au moment des congrès sur les choix de fonds, pour faire des « simples » militants autre chose que des colleurs d’affiches et des distributeurs de tracts. Comme si leur instauration rendait inutile cette nécessaire introspection sur notre vision de la société française dans un monde globalisé et les propositions qui en découlent pour répondre aux problèmes des Français.

Nous ne sommes pas à la hauteur des enjeux qui sont face à nous.
Tous les jours, 2000 de nos compatriotes se retrouvent sans emploi, livrés à eux-mêmes, tant la droite a désorganisé le service public de l’emploi. Tous les jours, un nombre croissant de Français comptent euro par euro ce qui sera leur dépense du jour. Chaque jour qui passe accentue le vieillissement de notre société, rend plus urgent les réponses aux défis climatiques et à l’accroissement des inégalités.
Tous les jours, Nicolas Sarkozy impose une vision de la République défensive, faite de lois d’exceptions, de plans vigipirate, entretenant le mythe de la République assiégée. Nous avons un boulevard pour défendre une autre vision de la République, une République ouverte, dont les lois créent des droits plus que des interdictions. Une République qui redonne pleinement son sens à la démocratie. Nous n’avons rien de commun avec la vision comptable de Nicolas Sarkozy sur les fonctionnaires. Nous portons cette valeur forte que le service public est la seule richesse de ceux qui n’en ont pas. Assumons-la. Portons-la en France et en Europe. Il n’est jamais trop tard pour, non pas inverser le cours de l’histoire, mais en écrire une nouvelle page.
Dans les semaines qui viennent, Nicolas Sarkozy va mettre en pièces l’organisation territoriale de notre République, au mépris de l’avis des Français, de la démocratie locale et de l’intérêt général. Son seul objectif est de mettre à genoux les élus locaux. Pourquoi ne pas lancer dès maintenant une pétition nationale pour que les Français tranchent cette question de l’organisation territoriale par référendum? Qui peut croire raisonnablement qu’un conseiller territorial pourra pendant cinq ans, faire des allers-retours constants entre son canton, le siège du département et le conseil régional? Tout en siégeant dans les collèges et lycées de son territoire, dans les conseils d’administration divers, tout en participant aux différentes inaugurations? C’est mépriser les hommes et les femmes qui font vivre nos collectivités que d’imaginer cela. La conséquence directe de cette réforme sera la notabilisation et l’éloignement des élus des dossiers qu’ils ne pourront plus absorber et maîtriser. Qui peut croire que la régression démocratique de ce scrutin mixte qui créera une inégalité fondamentale entre un électeur rural et un électeur urbain concernant le poids de sa voix dans l’élection, qui peut croire qu’il s’agit d’un progrès? Personne. Alors disons-le sans ambages, c’est une magouille électorale qui vise à préserver le poids de la droite en milieu rural et affaiblir la gauche en milieu urbain. Forts de notre héritage, nous portons des valeurs qui nous permettent de proposer et pas seulement de rester sur la défensive.
Les sujets ne manquent pas pour construire un projet, une vision de la société. Les sujets ne manquent pas sur lesquels nous pouvons affirmer une position claire aux Français. Seule l’unité fait défaut pour créer la visibilité. Nous ne sommes jamais plus forts que lorsque nous avançons groupés.

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A votre tour de jardiner...

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