Joli piège dressé par le Président de la république à la gauche en réunissant aujourd’hui le Parlement en congrès pour annoncer le second souffle de son quinquennat. S’y rendre ou ne pas s’y rendre? Les deux solutions nous enferment dans les mêmes contradictions et dans la même réalité : notre régime démocratique s’affesse au profit d’un régime personnel et autoritaire.
Cet épisode n’est que l’une des piqures les plus douloureuses du délitement de notre démocratie constaté depuis l’arrivée de Nicolas SARKOZY. Le pouvoir se nichant dans les apparences, les gestes et les signes revêtent une importance non négligeable. Ainsi le renouveau du délit d’outrage à l’égard des autorités présidentielles et ministérielles témoigne de ce durcissement de notre régime et de l’effacement du droit constitutionnel d’expression face à la figure présidentielle. Les conditions d’organisation des déplacements présidentiels sont aussi le masque d’une comédie où l’unanimisme de façade cède le pas à la violence d’Etat dès lors que l’on passe dans les coulisses : arrestations, condamnations pour outrage, tri sur le volet du public autorisé à assister à la délivrance de la parole présidentielle…
Autant de signes. Autant d’alarmes d’un sursaut démocratique nécessaire.
Nombre de responsables socialistes ont enfin compris que les partis sont mortels. Que le paradigme qui les a vus naître peut céder la place à un nouveau paradigme politique dans lequel ils n’ont plus d’utilité politique et sociale.
Il en va de même pour la démocratie. Nous aurions tort de considérer que parce que nous vivons dans un monde occidental où la démocratie est la forme d’expression politique communément partagée, celle-ci va demeurer éternellement.
La démocratie est également mortelle. Elle peut disparaître si le peuple n’en fait plus usage. Elle peut également disparaître, l’avénement du IIIème Reich nous l’a prouvé, par son expression même, lorsque le peuple porte au pouvoir ses ennemis intimes.
En ce jour du 22 juin 2009, 220 ans après que Louis XVI s’est entêté à maintenir la noblesse dans ses privilèges, Nicolas SARKOZY va développer un florilège réactionnaire en vue de restreindre un peu plus la démocratie locale et la démocratie sociale. Le tout maquillé sous la couleur du modernisme. Les députés socialistes qui ont accepté de se soumettre à ce jeu de dupes portent un courage certain. Il eut été plus simple de fuir, de ne pas prendre part à cette mascarade. Le respect des institutions était la voie la plus difficile à tenir et la plus soucieuse de la permanence de la démocratie.
Nous devons avoir désormais la même exigence et le même courage en tout.

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