Mai 1968, un jeune étudiant de l’université de Nanterre vit un conflit dur. Sa fac est fermée, bloquée. Un agitateur franco-allemand embarque avec lui la chienlit… Le pouvoir s’absente, quelque part du côté de Baden-Baden, avant que notre jeune étudiant puisse calmer sa frustration dans une grande contre manifestation, le 30 mai 1968, derrière le Général et tous les barons d’une France qui n’ont pas compris les mouvements à l’oeuvre au sein d’une société qui a besoin d’air.
Mai 2009, ce même étudiant empli de frustration est désormais Président de la République. Les mêmes universités sont bloquées. Lui, il ne cèdera pas. Pas question de brader les diplômes comme en 68. Les étudiants seront punis, comme sont punis les chercheurs et les enseignants universitaires dont il a révisé le statut, tant juridique que social d’ailleurs.
Ses ministres le savent et en premier lieu Valérie PECRESSE, Nicolas SARKOZY ne lâchera rien sur sa réforme de l’université. Donc il joue le pourrissement. Lui qui n’a ni la stature ni le parcours de son mentor, il ne cèdera rien. Quel qu’en soit le prix. Le sacrifice d’une génération d’étudiant vaut bien ce lavage de l’affront fait à la droite en mai 1968.
Pire, en tendant la situation, Nicolas SARKOZY ne rêve que d’une chose: une révolte étudiante à la hauteur de celle qu’a connue le Général. Pour mieux la mater. Pour mieux écraser cette jeunesse qui aspire à un monde plus juste, mais surtout à un avenir.
Ce sujet est emblématique des ressorts psychologiques à l’oeuvre chez le Président: la revanche y joue un rôle prépondérant. Une revanche lourde, ancrée depuis des décennies par certains de ses aspects. Elle se joue sur sa conception de l’étranger, sa fascination pour l’argent, sa volonté d’écraser les collectivités locales détenues par la gauche et en particulier les régions…
Le seul problème, c’est que la chose publique et nos institutions ne sont pas les jouets permettant une psychothérapie.

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GILLERON le 9 mai 2009 23:30
Une réflexion sur la situation politique et sociale actuellement
Nous ne sommes plus en 1967 ou « Le Monde » publiait un billet, « la France s’ennuie », mais ou nous vivions la fin de la grande prospérité des 30 glorieuses. Et De Gaulle était un grand démocrate comparé à Sarkozy.Pourtant, où à cause de ça, il y eut Mai 68!
Aujourd’hui les travailleurs et les exclus sont exsangues, l’autoritarisme et la répression sont à leur comble, la récession UMP+Mondiale nous touche durement
Les politiques à gauche (au PS notamment) le savent bien plus qu’on ne le dit. Qui ne le saurait pas, alors que les plans sociaux se multiplient, le chômage atteint des records, le pouvoir d’achat baisse pour 90% de la population, les inégalités sont scandaleuses, les luttes sociales se multiplient et se radicalisent sous la pression du désespoir
Mais la Droite le sait aussi i: elle profite de cette faiblesse financière qui entrave les luttes sociales classiques(grève) et multiplie ses coups, le Patronat en licenciant et en foulant le droit du travail, le pouvoir Sarkozien, en s’en prenant aux fonctionnaires et aux Services Publics
Il faut trouver des formes de lutte adaptées, tant politiques que syndicales, pour résister et changer les choses vraiment.
Sans doute le politique et le syndical doivent-ils mieux s’articuler(en toute indépendance mutuelle!):
- Sans la possibilité d’actionner le droit de grève, les syndicats sont assez démunis.
- Sans possibilité d’exercer son rôle d’opposition politique, à cause des lois scélérates qui se succèdent pour limiter les pouvoirs du Parlement, et la toute puissance des Médias aux mains du premier cercle Sarkozien, la gauche a une tâche très difficile (et les élections nationales ne sont qu’en 2012).
Pourtant elle est bien mieux armée idéologiquement qu’en 67-68 (cf. les résultats électoraux de la FGDS en 1968, et du ticket Defferre-Mendès, aux présidentielles de 1969), et elle détient la majorité des pouvoirs locaux: mais les Collectivités locales ne sont pas là pour réparer les dégâts de « l’État UMP », qui dispose des ressources financières de l’impôt national , alors que l’impôt local est insuffisant et injuste.
Aujourd’hui plus que jamais, l’action politique de la gauche et son aptitude à convaincre les Français, doivent prendre une ampleur et une pertinence exceptionnelles: c’est un défi fondamental qui nous est lancé, relevons-le!