Quoi de plus simple, lorsque l’on a pas d’argent que d’aller prendre celui des autres! C’est en substance le tour de passe-passe que Nicolas SARKOZY a opéré hier soir à plusieurs reprises, lors de son intervention qui se voulait rassurante.
C’est d’abord en annonçant la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu qui conduira de facto à faire porter un peu plus la pression fiscale sur les classes moyennes, puisque par ailleurs, Nicolas SARKOZY ne remet en cause ni le bouclier fiscal, ni son paquet fiscal accordé à ses électeurs les plus riches juste après son élection. Nicolas SARKOZY a inventé la solidarité sélective. Le maintien ou plutôt l’érection d’une caste sociale qui a tous les droits et aucun devoir envers la société conduira nécessairement à la mise à bas violente de ce système des plus inégalitaires.
Ensuite, notre magicien de la politique s’en est pris aux collectivités locales. Nous savions déjà qu’il ne les aimait pas. Personne ne doutait qu’il avait une revanche à prendre sur sa défaite de 2004 en tant que Ministre de l’Intérieur où son nom, en tant que 1er soutien, apparaissait en plus gros que celui des têtes de liste aux régionales… Et bien, voilà, Nicolas SARKOZY annonce ni plus ni moins que la suppression de la taxe professionnelle. Il en avait déjà supprimé le dynamisme en la plafonnant. Demain, il la supprime. Ce n’est pas sa suppression en soi qui pose problème, tant cet impôt demeure complexe et illisible. Ce qui est choquant, c’est l’annonce, sans concertation avec les collectivités locales et les associations les représentant, de la suppression d’une de leurs principales recettes qui conduit à déterminer au sens de l’article 72-2 de la Constitution leur autonomie fiscale. Cela est rayé d’un trait de plume. Une fois de plus le MEDEF est servi et les élus du peuple n’ont qu’à s’incliner devant le fait du Prince.
Cette annonce est une fois de plus une des manifestations d’un pouvoir ultra-jacobin, voire régalien, qui nie tout partage de son autorité et de son pouvoir avec les échelons locaux.
Nicolas SARKOZY ne devrait pas oublier que la révolution de 1789 est partie de deux choses: l’idée que la Reine menait un train de vie assurément trop élevé (toute comparaison avec Nicolas et Carla, leur train de vie, l’indemnité de Monsieur, ses cortèges bling bling à gyrophares multidirectionnels… serait purement fortuite!) et de l’affirmation des Parlements de province dans leur droit à rendre la justice (toute comparaison avec des collectivités locales de gauche – nouveau tiers-état? – souhaitant assumer pleinement leurs compétences avec les ressources qui vont avec, serait également purement fortuite).
La réalité du régime de Nicolas SARKOZY est inquiétante. Il est difficile d’envisager comment un pouvoir qui divise les Français entre eux, fait porter tout l’effort sur une même catégorie de population, distribue des privilèges, casse les territoires et les pouvoirs associés à ces territoires; il est difficile de concevoir comment ce pouvoir-là pourrait apaiser les tensions à l’oeuvre au sein de la société française en ce moment.

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