La crise économique qui a éclaté à l’automne 2008 commence déjà à faire sentir ses effets sur le plan social. Les mois se suivent et se ressemblent : 60 000 chômeurs en plus en novembre 2008, 45 000 en décembre 2008. Les Français vont payer un lourd tribu à la crise.
La crise sociale s’installe déjà. Contrairement à ce que propose le Parti socialiste et les autres pays européen, le gouvernement a choisi de ne pas soutenir directement le pouvoir d’achat des Français. Les mesures proposées par le Parti socialiste sont louées à l’étranger par le gouvernement et honnies sur notre territoire, au nom du prétendu archaïsme politique du PS.
Pourtant, Nicolas SARKOZY aurait tout à gagner à rassembler les Français en cette période sombre. Car, à la crise économique et à la crise sociale va succéder une crise politique.
En effet, Nicolas SARKOZY a été élu Président de la République sur une profession de foi libérale qui remettait en cause le rôle de l’Etat, la répartition juste des richesses et des produits de la croissance. Son premier geste fut d’ailleurs de donner plus à ceux qui ont déjà tout, avec le symbolique paquet fiscal à 15 milliards d’Euros. Ce paquet fiscal est une injustice sociale flagrante. Par idéologie, Nicolas SARKOZY ne le remettra pas en cause.
Or la crise a apporté déjà de profonds bouleversements dans notre monde.
Elle a remis en selle, les Etats Unis en tant que leader mondial. L’élection de B OBAMA correspond juste à ce moment où la conjoncture s’est retournée. Il est pour le moment le seul des dirigeants occidentaux à tirer sa légitimité démocratique directement de ses réponses politiques à la crise.
Nicolas SARKOZY, lui, a été élu sur un autre paradigme. Ce changement de paradigme, impliquant la réhabilitation de l’Etat le conduit soit à faire le grand écart avec ses promesses de campagne soit à maintenir le cap de ses réformes libérales et à aller dans le mur. Pour l’heure il a choisi de biaiser, à la manière chiraquienne, promettant tout et son contraire: poursuivre les réformes tout en réhabilitant l’Etat! Il se condamne lui-même à l’impuissance.
L’impatience des Français sera d’autant plus forte que le navire ne peut aller dans deux directions à la fois. Sa politique risque vite de devenir totalement illisible pour nos compatriotes.
De plus, l’ensemble des réformes adoptées jusqu’ici ne produit toujours pas ses effets. Nous sommes dans un entre-deux dangereux, entre deux sociétés, faute de décrets d’application à 70% des lois adoptées sous cette législature. La société en sera d’autant plus fragilisée.
La non reconnaissance par Nicolas SARKOZY des différentes voix qui s’opposent à lui, que ce soit celles du PS ou celles des Syndicats, crée le risque d’une impasse politique. Notre souverain est seul. Il catalysera donc tous les mécontentements.
La démonstration de force du jeudi 29 janvier 2009 met bien l’accent sur ce risque: faute d’une opposition ritualisée et investie en tant que telle par le Président, c’est la rue qui redevient légitime. Avec tous les risques que cela comporte. La mise au placard du Préfet de La Manche après que le Président a subi des manifestations le 12 janvier dernier est déjà un signe de ce pouvoir qui dévie de plus en plus vers l’autocratie et un signe du risque d’une coupure totale entre le Président et les Français.

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