La gauche, et en particulier le Parti socialiste, est tombée dans le piège tendu par Nicolas SARKOZY pendant la campagne des présidentielles sur la question des 35h.
La droite libérale a gagné une bataille culturelle pour imposer l’idée, dans l’opinion, que les 35h ce serait ringard, cher et contreproductif économiquement. Ségolène ROYAL, la première, s’est engouffrée dans cette brèche, sans mesurer tout ce que sa position comportait comme renoncement pour notre camp, celui du progrès social.
Il est vrai que les 35h sont une mesure inégalitaire, en ce qu’elles n’ont pas profité à toutes les catégories sociales. Les métiers hospitaliers n’ont pas pu en profiter. Les classes populaires et les milieux ouvriers en ont bénéficié, mais sans pouvoir en tirer tout leur parti du fait du compromis passé sur le gel des salaires empêchant l’accès à la culture. Ce sont effectivement les cadres qui en ont le plus tiré avantage.
Or le Parti socialiste classe les cadres à droite, même s’il s’agit d’un électorat plus volatile qui cherche avant la satisfaction de ses propres besoins.
Fallait-il pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain? Non, bien au contraire. Et l’espèce de pas de deux auquel s’est livré le PS pendant la dernière session législative met bien en évidence sa coupure avec la France et les Français. Il fallait défendre les 35h et ce pour plusieurs raisons.
Les 35h sont certes une mesure imparfaite mais pas imperfectible. Les 35h n’ont pas nui à la croissance économique ni à la création d’emplois.
Elles constituent aujourd’hui une des mesures emblématiques – sinon la mesure emblématique – des années JOSPIN. Il ne s’agissait pas que d’une mesure de partage du temps de travail pour créer de l’emploi. Il s’agissait d’une véritable mesure sociale fodnée sur une vision collective de la société où chacun peut quelque chose pour le tout. Elle mettait en avant une vision de la libération des individus et du progrès social par la culture, le temps libre et le loisir.
Les remettre en cause, c’est pour le Parti socialiste avouer implicitement son absence de vision de la société française et son absence de réponse aux défis et aux questions qui se posent à elles. Faire sien le dogme libéral prônant l’accroissement nécessaire du temps de travail va à rebours de l’histoire.

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