Il y a peu, Laurent FABIUS, souvent bien inspiré, annonçait que, dès la rentrée, la nouvelle cible de Nicolas SARKOZY serait : les collectivités locales.
Il faut dire que ces dernières présentent un visage parfait pour servir de cibles:
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Elles sont d’abord majoritairement de gauche. Quoi de plus amusant pour le Président que d’affaiblir un peu plus le PS en donnant un coup de pied dans sa fourmilière… Quelle plus grande désorganisation que de monter ses élus les uns contre les autres, légitimité du département contre celle de la Région, de l’agglomération contre la commune! Quoi de plus tentant pour un apprenti sorcier qui a fait du jeu de l’opposition des Français entre eux un sport quotidien.
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Elles présentent ensuite l’immense avantage, par rapport à l’Etat, de voter leur budget en équilibre. Ce qui veut dire que leur emprunt est maîtrisé, corseté. Comme la dette des colelctivités locales entre en ligne de compte de le calcul de l’endettement de la France par rapport aux critères de l’Eurogroupe, leur serrer un peu plus la vis permettrait au Gouvernement d’offrir quelques cadeaux supplémentaires à des catégories à acheter avant les prochaines présidentielles, tout en respectant les critères d’endettement…
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Elles constituent ensuite 70% de l’investissement public en France.
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Enfin, débats à l’appui sur le Grand Paris, quoi de plus facile pour le Président que de s’appuyer sur la légitimité du peuple face à des élus locaux attachés à leurs privilèges au détriment de l’intérêt général. Gageons que le Président sera un habile musicien et chef d’orchestre pour jouer à merveille cette complainte, quitte à heurter quelque peu les caciques de son propre camp qui ne sont plus à digérer une couleuvre de plus ou de moins. La réforme de la carte militaire a bien mis en évidence cette partition, le Gouvernement en appelant à l’intérêt général pour justifier ses arbitrages.
Alors quelle réforme?
Nicolas SARKOZY en bonapartiste avide de pouvoir solitaire pourrait destabiliser le niveau qui lui fait le plus d’ombre aujourd’hui : les Régions. La modification de leur mode de scrutin paraît acquise aujourd’hui, pour bouter la gauche hors de ces fiefs qui reviennent tout naturellement à la droite. Mais notre homme pourrait aller plus loin encore dans la rupture, en appliquant éventuellement le modèle des Collectivités d’Outre-Mer où Départements et Région ne font qu’une assemblée qui se réunit tantôt sur l’une ou l’autre de ses compétences. Il pourrait également revoir la carte des Régions, en fusionner certaines, en couper d’autres, pour limiter le contre-pouvoir d’un PS qui s’appuie aujourd’hui sur ses élus locaux pour exister. Trop de Régions par rapport à nos voisins européens et trop petites pour lutter dans la concurrence économique face au grand Londres et aux Länder allemands.
La suppression du Département reste également un point épineux, pas totalement écarté. En témoigne les soubresauts du Sénateur Philippe DALLIER, partisan de la fusion des quatre départements du coeur et de la première couronne de l’Ile-de-France dans le cadre du Grand Paris.
Le risque pour la gauche, mais avant tout pour les Français, c’est que la logique de réforme de Nicolas SARKOZY se fasse sur deux objectifs :
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casser un peu plus la gauche par des logiques politiciennes, sous couvert de modernité…
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sous couvert d’économies budgétaires, casser les services publics locaux que les collectivités sont de moins en moins à même de rendre efficaces du fait des compensations financières insuffisantes de l’Etat, de la baisse des dotations, de l’encadrement de la hausse de la pression fiscale locale par le bouclier fiscal… Les amis de Nicolas SARKOZY pilotant des grands groupes privés se feraient alors un plaisir de ramener certains services dans le giron de la concurrence pour en tirer de grands bénéfices. Les citoyens-consommateurs-contribuables n’y gagneraient pas forcément en qualité (cf le SEDIF) mais mettraient à coup sûr la main au porte-monnaie.
Il est donc urgent que le PS clarifie sa vision institutionnelle sur le rôle des collectivités locales, le partage des rôles entre elles, mais également entre elles et l’Etat. Il est urgent que les élus du PS parlent d’une même voix pour ne pas tomber dans le piège d’une opposition des niveaux de collectivités entre eux, qui à coup sûr affaiblirait la gauche. Il est alors absolument nécessaire de laisser de côté les querelles boutiquières sur les intérêts particuliers des élus et de remettre le citoyen comme acteur du choix de la gestion locale au centre du débat. C’est le citoyen qui est la clef de tout, c’est également lui qui peut perdre une gauche trop molletiste arqueboutée sur ses baronnies et ne voyant pas le lien direct entre le peuple et le Président utilisé comme une arme à son encontre.

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« Ras le bol des congrès pour rien! Accueil le renseignement doit-il être placé sous le seul Président? »

