Ras le bol des congrès qui servent à rien, avec des majorités verrouillées, un premier secrétaire qui veut durer sans être là. Dijon, Le Mans pour quoi? Une synthèse molle… une élection présidentielle perdue, encore. Et ligne politique à laquelle les Français ne peuvent pas s’identifier.
Disons-le crûment, le PS n’est pas à la hauteur des enjeux que lui imposent le contexte international de crises multiples (alimentaire, environnementale, financière…), un Président qui casse tous les repères, un peuple Français qui souffre des conséquences de la mondialisation non régulée, du détricotage social mis en oeuvre par Nicolas SARKOZY.
La gauche socialiste a peu ou pas été au rendez-vous des luttes sociales. Elle a laissé s’écrouler, mollement sans réagir, la mesure emblématique du gouvernement Jospin : les 35h. Certes, cette mesure comportait des imperfections. fallait-il cependant renoncer à un acquis social, à un progrès pour nombre de catégories sociales pressurées, exploitées et au bord de l’asphyxie. Le PS s’était déjà coupé des classes populaires. Claude ALLEGRE l’avait coupé du monde enseignant. Là, il vient de se couper tout seul des cadres en ne les défendant pas.
Certains au groupe socialiste de l’Assemblée dénoncent l’opposition frontale sur la réforme des institutions. Mais l’opposition frontale vaut mieux que le renoncement, la soumission, le pas d’opposition du tout ou pire le ralliement au nom de l’ouverture.
Il est temps que cessent les petites querelles d’appareil. Il est temps que les dirigeants de mon parti retournent voir cette France qui souffre quotidiennement du coût de l’essence pour aller travailler, du coût du gazole ou du gaz pour se chauffer, du coût des légumes… Quand presque 8 millions de Français flirtent ou vivent franchement sous le seuil de pauvreté, l’heure n’est plus aux querelles sémantiques sur l’acceptation ou non de la notion de libéralisme.
L’heure est au combat. Au combat social, politique, environnemental! Pour préserver toute chance de voir les générations de demain vivre mieux qu’aujourd’hui. Ces générations qui n’en peuvent plus de ne pas lacher le pouvoir devraient prendre conscience que celles d’après vivront moins bien. FILLON va augmenter les cotisations sociales pour financer les retraites. Qui financera les nôtres dans 30 ans? Cette politique à courte vue est criminelle. C’est l’antipode d’une politique de civilisation. Ou plutôt c’est le révélateur d’une civilisation qui jouit de ses privilèges, dans le stupre, la luxure et les chansons de Carla.
Il est temps que mon parti se réveille. Il est temps qu’il intègre que durablement nous sommes entrés dans un contexte de crise globale avec pour enjeu la survie de toute une partie de l’humanité. Il est temps qu’il arrête de considérer que lorsque l’on souhaite zoner l’agriculture pour défendre l’autosuffisance locale des populations avant de condamner des populations à exporter des denrées qu’elles ne peuvent pas se payer, on est bêtement et méchamment « protectionniste ».
Il est temps que nos dirigeants reprennent leurs chaussures de marche pour être aussi au côté de ceux qui souffrent, qui ont besoin d’une vision d’une société en construction et pas opposant les catégories les unes aux autres.
Il reste peu de temps. Pourvu que celui-ci soit utile. Pourvu que les petits compromis, les petites synthèses ne tuent pas une nouvelle fois toute chance de retrouver le temps des conquêtes, de l’espoir, de l’internationalisme…

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