Pas facile, après une campagne longue et souvent riche humainement, d’accepter l’idée même de la défaite et de l’opposition pour 6 ans. C’est pourtant une réalité: les listes perdantes sont condamées à ne pas gérer les affaires de la cité pendant 6 ans.
Alors que faire?
Une tentation peut naître : vivre le mythe soixante-huitard de l’AG permanente. Cette posture présente un avantage: les militants sont mobilisés, derrière leurs élus. Mais elle comporte des risques non négligeables: l’essoufflement, la lassitude, le sentiment d’impuissance et surtout le risque de parler ou d’écrire pour ne rien dire.
Une autre posture peut consister à faire du frontal sur tout. Seul moyen d’exister : l’opposition frontale. Cette attitude permet de marquer un clivage entre la droite et la gauche. Pour autant, on tombe vite dans l’incantatoire, le stérile. En dehors de villes gérées par un maire d’extrême droite, cette attitude peut être totalement contreproductive.  Celui qui tient les clefs de la communication institutionnelle c’est le maire en place. Donc le risque est de perdre en crédibilité et de déraper à un moment donné… et de se retrouvé exclu de toutes les instances para-municipales où l’opposition n’est représentée que selon le bon-vouloir du maire.
Alors que reste-t-il?
En premier lieu, il me semble indispensable, pour le bon fonctionnement de la démocratie, de ne pas nier la légitimité de celui qui a conquis les suffrages des électeurs. En second lieu, il convient d’adopter une attitude transactionnelle. Le premier impératif, c’est le travail, le travail des dossiers qui sont mis à disposition des élus, pour construire une ligne politique, montrer par le dépôt d’amendements que l’on est capable de se construire une vértable crédibilité politique. Tant pis s’ils ne sont jamais acceptés. Le débat démocratique aura eu lieu, des expressions différentes auront été posées sur la place publique. C’est cela qui importe. Cette crédibilité est nécessaire pendant tout le mandat pour espérer remporter la majorité l’élection suivante. Il faut donc apprendre à discuter avec l’équipe en place. Avec l’humilité de ceux qui ont perdu, mais avec la force de ceux qui portent des convictions.
Cette voie est la plus compliquée à suivre. Mais elle permet de se créer une véritable légitimité démocratique et de communiquer dessus pour faire savoir que l’on est prêt à diriger la cité le moment venu.

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A votre tour de jardiner...

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