Voici un fait bien avéré que nous allons une fois de plus voir ressortir lors des prochaines élections locales: le syndrome du candidat. Nous l’avions baptisé comme tel, avec un de mes camarades isséens, après la fameuse phrase de JOSPIN en 2002 : « mon programme n’est pas socialiste… il est d’inspiration socialiste ». On sait tous ce que nous coûta cette phrase.
En quoi consiste ce syndrome?
Pour être élu, quel que soit le niveau d’élection, la notoriété seule ne suffit pas. Il faut une étiquette, un appui logistique, militant et un corpus idéologique de référence qui permet de marquer l’électorat et d’attirer la base de voix nécessaires pour franchir les seuils d’élgibilité et le cap du premier tour.
Or, une fois désigné par son parti – c’est plus souvent vrai lorsque le candidat est désigné démocratiquement, dans l’autre cas, le candidat a peur de perdre son investiture – notre candidat n’a qu’une idée en tête : se mettre en valeur, gagner des points sur sa personne. D’où les écarts sans cesse constatés entre les partis et les candidats. Ces écarts sont d’autant plus vrais à gauche que les programmes y sont plus complexes qu’à droite où la notabilité est encore un réflexe fort pour les candidats aux élections. Les deux dernières présidentielles sont un bon marqueur, au moins pour le PS, de ce type de comportement.
Les élections locales de mars fleuriront d’exemples similaires. Une fois désignés par leurs partis, nos candidats s’empresseront de s’en affranchir, en ne travaillant plus qu’avec leur staff…
Tout ceci outre les questions d’ego que soulèvent chaque élection, interroge le rôle, la place et la limite des partis. Surtout ceux qui fonctionnent démocratiquement. Ces derniers désignent démocratiquement des candidats, qui oints de ce suffrage, refusent après de rendre des comptes, de travailler collectivement. C’est un paradoxe dans une ère où la démocratie participative fleurit sur tous les tracts. Seul le citoyen est légitime, plus la structure…
Pour autant, je crois que plus que jamais, dans cette période où Nicolas SARKOZY trouble le jeu des clivages entre droite et gauche et tente de laisser accroire que seuls ceux qui sont derrière lui existent, les référentiels de gauche seront utiles. Il faut reconstruire du clivage localement. Pourquoi? Parce que la gauche ne pourra se reconstruire nationalement que si elle s’affiche clairement, localement, comme un rempart contre le sarkozysme. Les déçus du sarkozysme sont chaque jour plus nombreux. Les classes populaires commencent à comprendre qu’elles n’ont rien à attendre de la politique de SARKOZY. Elles commencent à comprendre le caractère fumeux de ses promesses sur le pouvoir d’achat. Le roi est nu, sans argent pour tenir parole. L’inflation nous guête sur les produits de première nécessité : essence, gaz, lait, produits laitiers, produits céréaliers.
En fait, c’est le moment de ranger les coquelets dans les clapiers et de ressortir le poing et la rose, d’assumer clairement une politique de gauche, sociale, environnementale et protectrice des classes populaires et moyennes. C’est le moment d’apporter des réponses, pas de poser des questions.

Tags: candidat, classes populaires, démocratie participative, démocratie représentative, droite, élections locales, gauche, politique


